Artiste plasticienne et poète

Des œuvres pour réouvrir l'œil

« Le soleil ne se couche pas, c’est nous qui lui tournons le dos.

J’ai deux directions de travail liées à deux medias : la peinture et la photographie, traversées par ma pratique de l’écriture.
Par la peinture, je questionne l’usage dominant du mental analytique, du premier degré et des écrans, la frénésie du faire, qui nous coupent de notre intelligence intuitive et corporelle.
Par la photographie, je travaille mon passage de fille humaine dernière de ma lignée à femme nature, et interroge les normes sociales, passées et présentes que nous intériorisons en tant que femmes.

Peinture
Je crée des peintures ni totalement figuratives ni totalement abstraites, accompagnées parfois d’un texte ou d’une petite bande-son qui activent notre capacité à lâcher prise, à nous laisser surprendre, à écouter ce qui ne parle pas.

Un tableau démarre comme un autoportrait intérieur. Je me laisse guider par les gestes, la couleur, les matières (acrylique, pastels, craies, perles, fils etc). Je vois apparaître des formes que je retravaille. Une fois terminé, j’écoute ce qu’il a à me dire, comme une pictomancienne, et j’écris ou j’enregistre ses mots, sons.
Souvent la personne qui le regarde révèle des choses d’elle-même en essayant d’en deviner le sens. Il devient son portrait, la porte vers son monde intérieur.

Photographie
A partir d’histoires de ma mère et ma grand-mère, je travaille des photos d’elles auxquelles j’associe un élément naturel. Ces portraits-poèmes s’accompagnent parfois d’un texte.
A cause d’une mutation génétique, je n’ai pas de cycles. Et j’ai toujours eu cette impression étrange d’être restée à la porte du monde des femmes.
Pourtant, comme dernière de mon arbre, je suis pleine des histoires accumulées de mes aïeules d’un village des Pyrénées espagnoles.
Alors j’enfante ces bouts de vie dans mes œuvres, comme une forme de soin et de rite de passage.
Je rends femmage, je libère, je répare.
Et je fais rentrer le corps féminin dans la famille plus vaste des plantes, des êtres vivants sur Terre. Me consolant du mien et de la mort.

Ces deux directions ont en commun de chercher à voir au-delà des apparences, des normes, écouter ce qui ne se dit pas, ce que nous portons en nous inconsciemment,  et nous reconnecter à notre intuition, notre imagination, à notre nature symbolique et animale.
Pour reprendre la mesure de ce qui est important, de notre place.
Je partage des bouts d’histoires pour ouvrir cette porte dans l’intimité des autres.
C’est un acte de résistance et de soin à une époque qui nous réduit à notre tête, absorbée par des écrans, avec une attention fragmentée et une illusion de réalité tronquée voire truquée, et anthropocentrée.
Cela nous rend malades.
C’est vital.
On peut retrouver l’élan, la légèreté, la joie dans un autre rapport au monde, même dans un quotidien incertain.
On doit cela à la Terre, au mystère de la vie.

 

Biographie

Née en 1976, de double culture française et espagnole.

Virginia Cruz vit à Bordeaux où elle développe sa pratique de la peinture, de la photographie et de l’écriture.

La création est une nécessité depuis toujours. Musique, dessin, poésie, lettres la font vibrer enfant. Mais elle entreprend des études d’ingénieur, à l’Ecole Polytechnique puis à l’Ecole des Mines de Paris.
L’art n’est jamais loin : cours de dessin, peinture à l’huile, histoire de l’art, stage d’analyse des pigments de peintures préhistoriques dans les entrailles du Louvre.

Elle part deux ans au Royal College of Art à Londres, faire un Master of Arts en design. Elle y explore nos liens affectifs au textile et, mêlant tissu et électronique, crée des interfaces de communication poétiques, qui rendent la voix palpable.

La vie professionnelle l’amène à travailler quinze ans comme designer et co-directrice d’agence, dans l’innovation et les nouvelles interfaces.
Elle s’intéresse au langage émotionnel des formes et du mouvement dans le monde numérique, et monte un projet de tableaux d’art muraux connectés, combinant peinture, animation et données.

En plein questionnement sur notre rapport au monde induit par le numérique et la quantification de tout, une nouvelle phase d’exploration démarre avec une série de dessins automatiques. S’ensuivent des peintures grands formats et l’écriture de textes. En faisant taire son intelligence analytique, elle découvre un vaste champ d’expression et de sagesses pour renouer avec la corporalité et le lien sacré à la vie.

Elle travaille aujourd’hui dans deux directions : à travers la peinture, des oeuvres rituelles pour renouer avec notre intuition, et à travers la photographie, l’exploration de son identité de femme, de l’héritage de nos mères et grand-mères, dans la famille plus vaste de la Nature.
Elle crée des peintures physiques et des photos, mêlées à des textes, écrits ou lus, qu’elle expose et vend. Elle participe à des lectures publiques et des actions poétiques.

CV

Expositions collectives

• 2025, Salon Dessin & Peinture à l’eau, Grand Palais, Paris, France – œuvre exposée : « Guerrière Tête Cœur ».
• 2024, Salon d’Art Contemporain, Saint Gervais, France.
• 2023, Inauguration du tiers lieu Lac C, Bordeaux, France – œuvre exposée : « Petite ».
• 2022, French Tech Night, Bordeaux, France – œuvre exposée : « Jamais Renoncer ».

Résidences

• 2025, résidence de recherche en peinture, avec l’artiste Didier Courel. Le Clos, Rochefort, France.
• 2023, Terre et écriture, avec la céramiste Theodora Chorafas et l’auteure Maud Vidal-Naquet, Egine, Grèce.

Lectures et actions publiques

• 2026, 8.03, «Ping Pong Femmes Poésies Actions», La Chiffonne Rit, Bordeaux, France. Lecture des textes « à mamie, à maman » et « demeredepersonneamere », et création d’un poème collectif. A l’invitation de l’artiste poétesse Agnès Aubague.
• 2026, 17.01, «Anniversaire de l’art, Hommage à R. Filliou, né il y a 100 ans», Fabrique Pola, Bordeaux, France. Lecture du texte « Fragment ».
• 2025, 27.06, «L’eau vive», Médiathèque Bois Fleuri, Lormont, France. Lecture de trois textes personnels. A l’invitation de Laurence de la Fuente, en partenariat avec la Villa Valmont.

Distinctions

• 2023, Lauréate « 100 Femmes de Culture 2023 » (voir le communiqué de presse), France.
• 2023, Rôle Modèle Women In Design, France.
• 2022, Lauréate « Orange Femmes Entrepreneuses », pour le projet d’art connecté Saiwaland®, France.
• 2012, « Les 100 du Numérique », L’Usine Nouvelle, France.
• 2003, « Distinction, Critical and Historical Studies », Royal College of Art, Royaume-Uni. Pour l’ouvrage : « The very first contact with objects: a reflection on tactility. »
• 1999, « Prix de Recherche », Département de Chimie de l’Ecole Polytechnique, France. Pour : Analyse de Pigments Préhistoriques au Louvre, Centre de Recherche des Musées de France.

Formation

• 2001 – 2003, Master of Arts, Royal College of Art, Londres.
• 1999 – 2001, Ingénieur, Ecole des Mines de Paris.
• 1996 – 1999, Ingénieur, Ecole Polytechnique.

Jusqu’en 2022, designer spécialisée en nouvelles interfaces physiques, numériques, et expériences multi-sensorielles, co-directrice d’agence de conseil en innovation et design, membre du Conseil National du Numérique, enseignante design, fondatrice d’un projet de création de tableaux d’art muraux connectés. Conférences, publications et expositions françaises et internationales (EPIC2013, 2013, Londres, Royaume-Uni / Biennale Internationale Design Saint Etienne, 2013, France / Helsinki World Design Capital, 2012, Finlande / Taipei World Design Expo, 2011, Taiwan / Lieu du Design, 2011, Paris, France / Grand Prix de la Création de la Ville de Paris, 2004, France / Royal College of Art Show, 2003, Londres, Royaume-Uni).