La brasnche de maman. La jambranche de maman. Les rameaux de maman ét moi. Main dans la main.
Texte La boue, l’arbre et le vent
Certains racontent que l’homme est né de l’argile. Une boule informe qui prend forme. Une boue glaiseuse, cuite au soleil. Comme s’il fallait inventer une histoire pour l’enfant qui demande : pourquoi? Voilà, tu es homme. Comme ça, un souffle, quelques poussières d’étoiles et tu t’es mis à bouger, comme si tu étais un brin d’herbe secoué par le vent.
Une rafale t’a décollé du sol. Tu t’étais pris pour un arbre, tu t’es cru déraciné. Mais tu as vu des choses se déplacer autour de toi, comme si elles se dirigeaient elles-mêmes. Alors tu as regardé une de tes deux racines détachées de la terre, et tu as imaginé qu’elle serait là, quelques centimètres devant toi… Elle t’a obéi! Comme si tu étais toi-même le vent.
Moi aussi, je me sens boueuse. Moi aussi, j’ai l’impression d’avoir perdu ma base. Je ne sais où aller. Arbre je voudrais être. Peut-être suis-je trop jeune. Ma mère a quatre-vingt ans. Ses bras sont parcourus de plis et de nervures, comme des branches. Ses jambes aussi, il y a même des noeuds, comme dans le bois. Je me demande si l’on peut lire son histoire dans ses cernes, comme dans un tronc.
Je suis née dans l’eau de son ventre, petite boule informe. A quel stade suis-je? Samare tourbillonnant au vent?